dimanche 9 septembre 2012

SOCIETE: Féminisme

PATRIARCAT sociologique



Avez vous remarqué que dans une bande de filles il y a rarement un chef ?
           Si certain leur reproche de trop parler, de prendre plus de temps avant de trancher, c'est tout simplement que ces décisions sont prisent de manière plus collégiale et tiennent comptes des autres. Là où l'homme cherchera à imposer son point de vue, la femme cherchera à comprendre et trouver des compromis pour satisfaire la communauté et préserver l'harmonie du groupe ( Bem Sex Role Inventory -BSRI 1974 ).
           Bien que les féministes aient arraché des droits, il faut bien constater que nous évoluons toujours dans un monde façonné par des valeurs masculines : compétition, hiérarchie, pouvoir, individualisme, domination, violence... Bien évidemment cet article n'est pas là pour culpabiliser l'homme en tant qu'individu, mais pour analyser les fondements de nos sociétés, son manque d'altérité, ses rouages archaïques...
           Aragon disait " la femme est l'avenir de l'homme"... Il est évident que si nos références sociétales continuent de se baser sur la compétition effrénée, la domination des plus forts, nous allons droit vers le chaos. Si nous croyons encore dans le mythe du "grand chef " qui décide, qui sait tout, qui impose sa volonté... cela corrompt nos démocraties qui par définition devraient fonctionner de manière plus collégiale. Si les luttes sociales, les discordes internationales, les relations géopolitiques se font souvent dans la violence, c'est que les compromis n'ont pas lieux dans un monde fait par les hommes; c'est le rapport de force pour imposer sa vision du monde ( c'est le plus fort qui a raison ) qui prévaut. Le culte de la force est une illusion masculine qui ne génère que conflits et rancœurs. Darwin observait que ce ne sont pas les plus forts qui survivent, mais les plus intelligents, les plus souples ( ceux qui mettent en œuvre des stratégies d'adaptation ). Quand deux garçons en viennent à se frapper dans une cour de récréation, les conséquences sont regrettables mais minimes. Quand deux nations fonctionnent dans cette logique virile, on en connait les conséquences...
           Qui a décidé que Dieu, ou ses représentants, étaient  forcement des hommes ? Il n'y a rien d'innocent à cela car la religion fut ( et reste ) un instrument de pouvoir et d' emprise, entre autre sur les corps et la procréation... Il est intéressant de voir que les mouvements féministes de l'Europe de l'Est aient parfaitement compris le parallèle entre "Dieu le père" et sa déclinaison terrestre ( le chef de l'état, le chef de famille....etc )   


Si Dieu est un homme, cela n'a rien d'étonnant, l'homme a fait Dieu à son image pour assoir sa domination. Eve, créée de la côte d'Adam paraît-il, ne pouvait être qu'un être secondaire, subalterne, faible ... Son manque de discernement ne lui a t' il pas fait manger le fruit de la connaissance ? Cette faute originelle nous condamna : "Alors Dieu condamna le serpent à ramper, et mit l'hostilité entre la femme et le serpent ; il condamna la femme à enfanter dans de grandes souffrances, à être avide de son homme et à lui être soumise.  Enfin il condamna l'homme à travailler pour se nourrir, et à mourir. "
Quelle pétasse cette Eve, alors qu'on était si bien à brouter dans le jardin d'Eden comme du bétail dans un pâturage sans se poser plus de questions.





    

Théories de l'émergence historique du patriarcat

source: wikipédia

La thèse d'une prépondérance de la femme dans le cadre de la famille et de la société dans les premières sociétés humaines est développée au 19ème siècle par l'anthropologue Lewis Henry Morgan (1818-1881). Reprise et popularisée par Friedrich Engels (1822-1895) dans L'origine de la famille, de la propriété privée et de l’État, elle devient une composante de l'analyse marxiste orthodoxe de l'évolution des sociétés. Selon l'archéologue Marija Gimbutas, cette thèse est validée par la prolifération de représentations artistiques de corps de femmes, sous forme de statues, et témoins de la pré-éminence du culte de la Déesse-mère, et reflète inévitablement la représentation des rôles entre genres dans la société.
L'hypothèse de la naissance du système patriarcal en concomitance avec la domestication du cheval chez les populations indo-européennes des Kourganes a été avancée par Marija Gimbutas.
Selon Elizabeth Barber, et c'est la thèse « gradualiste », il semble que deux conditions fondamentales au moins soient nécessaires pour que le patriarcat puisse émerger : en premier lieu, le commerce des métaux, ce qui nécessairement nous ramène aux alentours de l' âge de bronze. Cette activité qu'est l'extraction, la fusion et le commerce des métaux pourrait avoir monopolisé l'énergie masculine puisque les femmes, ralenties dans leur liberté de mouvement par les nourrissons et les enfants en bas âge, dès le mésolithique où la famille n'est déjà plus le clan mais la famille composée des enfants, parents et grands-parents, ne pouvaient voyager sur de longues distances. En second lieu, la division du travail, liée à l'amélioration des conditions de vie et au désir de réunir le nécessaire pour le mieux-être que cette amélioration procure, semble rentrer en ligne de compte. Cette thèse n'exclut toutefois pas le rôle d'autres conditions, jouant toutes un rôle plus ou moins important et déterminant dans le processus supposé.
Selon Evelyn Reed qui situe son analyse dans le prolongement des analyses marxistes, le système de parenté joue le rôle de déclencheur.
Selon Colin Spencer, le patriarcat apparaît avec la fin du nomadisme. Le nouveau mode de vie sédentaire aurait entraîné la nécessité de protéger l'accumulation des richesses alors que ce n'était pas nécessaire auparavant. La nécessité de protéger la richesse (accumulés pas la sédentarité) entraîna l'obligation d'une organisation militaire. Les tâches militaire échurent aux hommes, physiquement plus forts et non limitant dans la reproduction, et les fonctions politiques avec elles. Les femmes conservant les tâches liées à la maternité, la division sexuelle du travail (ou "division sexiste du travail" pour certains auteurs) apparait ou s'exacerbe.

Acception féministe contemporaine

Dans sa version contemporaine, le concept de « patriarcat » entend mettre en exergue la spécificité de l’oppression des femmes. Élaboré à la fin des années 1960, dans un contexte de forte prégnance du marxisme dans les analyses féministes, il vise à doter le mouvement féministe d’un outil d’analyse propre qui ne subordonnerait pas l’oppression des femmes à la lutte des classes L’ouvrage de l’américaine Kate Millett La politique du mâle (Sexual politics, 1969) est pionnier en la matière. En France, Christine Delphy développe ce concept dans son ouvrage L’ennemi principal dont le premier tome est titré L’économie politique du patriarcat.



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